Ce qui fait mal aujourd’hui, c’est peut-être hier

Ce qui te fait mal aujourd’hui, c’est peut-être hier.

Je me souviens d’une séance avec une femme que je vais appeler Sophie. Elle était là, assise devant moi, avec son dos qui la tirait. Des douleurs chroniques qui la réveillaient la nuit, qui l’empêchaient de se pencher et qui résistaient malgré tout ce qu’elle mettait en place.

Elle m’avait dit, un peu fatiguée : « Je ne comprends pas. Je fais tout pour aller bien. Pourquoi ça ne passe pas ? »

Quand le corps parle de ce que la bouche tait

Pendant la séance, quand je posais mes mains sur son dos je sentais cette tension, cette dureté.
Ce n’était pas juste du muscle tendu. C’était plus profond et ça m’a fait penser à une armure.

Je lui ai demandé, doucement : « Sophie, si ton dos pouvait parler, qu’est-ce qu’il te dirait ? »

Elle a fermé les yeux. Un silence s’est installé. Pas un silence vide, mais un silence lourd, chargé de quelque chose qu’elle portait depuis longtemps.

Puis, elle a pleuré. Pas des larmes de douleur, mais des larmes de reconnaissance. « Il dit… qu’il est fatigué. Fatigué de porter ce que je ne veux plus porter. »


Nous avons parlé. De cette décision prise dix ans plus tôt.
De ce choix qu’elle avait fait pour « être raisonnable », pour « sa famille ».
Elle avait étouffé son envie de changer. Elle avait « avalé » cette décision.

Depuis dix ans, Sophie portait ce poids. Son corps, lui, ne l’avait jamais oublié.
Le mal de dos n’était pas qu’un problème musculaire.
C’était le poids physique d’une décision non assumée, d’un rêve enterré, d’une responsabilité trop lourde.

La libération par la prise de conscience

Lorsque Sophie a réalisé que son mal de dos n’était pas une fatalité, mais le reflet de cette vieille histoire, quelque chose a changé.

Je n’ai pas « guéri » son dos en manipulant ses muscles. J’ai accompagné Sophie à entendre ce que son corps lui disait depuis dix ans.

 

Ce jour-là, elle a compris que son corps n’était pas en train de la punir. Il était en train de lui dire : « Il est temps de déposer ce fardeau. »

Votre corps est une archive vivante

Ce que je veux vous dire à travers cet exemple, c’est que souvent, ce n’est pas le dos qui fait mal. C’est le poids d’une décision prise il y a dix ans. C’est le poids d’un mot non dit, d’une émotion enfouie.

Votre corps est une archive vivante. Il conserve la mémoire de tout ce que vous avez vécu, accepté ou refusé.

Si vous souffrez d’une douleur qui ne passe pas, osez regarder en arrière.

Qu’est-ce que votre corps essaie de vous dire sur votre passé ?
Qu’est-ce qui reste en suspens ?


Parfois, guérir, c’est simplement entendre l’histoire que le corps a à raconter.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut